⟨ Accueil ⟨ L’acteur·rice et l’objet

Art dramatique - initiation

Nombre de crédits : 2 / Nombre d'heures : 30h

Delphine Veggiotti

Présentation générale

Les 30h de cours s’articuleront autour de la figure clownesque.

Dans un premier temps, on aborde la « technique clownesque » à travers différents exercices d’improvisation, tous très ludiques. Leurs règles strictes et complexes mettent en jeu une simultanéité de compétences qui obligent l’acteur à « lâcher prise » et l’amènent à découvrir dans son jeu, qu’il croyait « spontané » ou « naturel », bon nombre d’habitudes et de raideurs dont le clown s’emparera plus tard.
L’idée est de « reconquérir » la spontanéité en passant par un carcan de règles de jeu.
Elle demande à l’acteur un véritable effort de coordination, de précision et d’honnêteté, avant de découvrir la matière et la singularité de son jeu.
Le clown naîtra de ces découvertes-là et cette première étape préside à la réussite de sa « naissance ».

Description plus détaillée des journées et du travail mené

Rituel du cercle de parole

Toutes les journées débutent par un temps d’échange. En règle générale, il s’agit de partager sur la figure clownesque : qu’est-ce que j’en sais ? quelles sont les idées reçues ? quel est le travail que nous allons mener ensemble ? quelles vont être les explorations ?
Chaque matin, on revient sur les découvertes, les nœuds ou blocages, les questions que cela pose, partage de lecture, écoute ou visionnage de documents qui éclairent par rapport à la nature du travail.

Matinée : Mise en route

Toutes les journées débutent par un travail physique.

Travail sur le mouvement. Exploration physique. Comment occuper cet espace ? quelles sont les lignes de fuite, les perspectives comment se situer par rapport au groupe.

Travail de rythme à travers la marche : marche sur le temps, marcher en contretemps. Être sur le temps, à l’arrière du temps, en avance. Jeu d’écoute, de mise en alerte, d’exercices variés, souvent collectifs.

Identifier les sons, les rythmes, et par jeu, empathie, imitation, développer une approche ludique du rythme et de la coordination

Travail sur le regard que je porte sur l’espace, sur le monde autour.

Travailler avec ce qui occupe l’attention, ce qui attire l’attention. Travail sur le regard. Comment donner le focus ? comment prendre le focus ? repérer qui a le focus. Comment être tous ensemble sur un même événement ?

Leçon feldenkrais

Une matinée est dédiée à la découverte de la méthode feldenkrais par la traversée d’une séance.

Travail sur la voix, la prise de parole

Chant en chœur, en canon. Jeu autour de quelques phrases de beckett :
- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? - On attend - Oui mais en attendant…etc »

Utiliser le souffle en sorte qu’il serve la présence en scène.
S’affranchir de la voix sociale et laisser l’air être le véhicule des vibrations, des émotions et entendre les voix du moment et les laisser jouer.

Fabrication de nez

Je propose si le groupe le souhaite de dédiée à la fabrication de nez en latex. Chaque étudiant(e) fabrique un moule en plâtre et y coule du latex coloré pour confectionner un nez de son choix.

Après-midi

Improvisation en solo, en duo : ping pong

Pour faire le lien avec le travail de la marionnette, ce jeu de ping pong sera amorcé avec l’objet avant de l’être avec les corps des acteurs, actrices

Description du ping pong
C’est un exercice de base pour amener l’improvisation. Il s’agit ici de repérer qui a le regard, qu’est-ce que l’on regarde. Qui agit le premier ? Dissocier chaque geste, chaque action en vue de lire ce qui se passe. Ne pas se précipiter. Aller au-delà des évidences, de l’habitude, Trouver le décalage.
Vers quoi nous entraîne un pas, qu’il soit fait sur la droite ou sur la gauche ? Quelle signification ce déplacement a-t-il pour le partenaire, et quelle histoire, aussi simple soit-elle, va se tisser à partir de ces quelques signes ? Comment lire en l’autre les signes qu’il émet, reconnaître ce qu’ils me font vivre, lui répondre et ensemble créer.

Compétences visées dans cet atelier art dramatique

Technique pour le clown

Reconnaître, décrire et traiter la matière de jeu : geste, grain de voix, mots, musicalités, spacialité, rythmes… Pour cela, développer la capacité d’observer les choses telles qu’elles se présentent, ainsi que les relations, les liens entretenus entre les choses observées, voir et entendre ce qui se raconte, ce que ça raconte, sans projection ni interprétation, et se laisser surprendre par les sens possibles sans s’enfermer dans le convenu, c’est-à-dire ouvrir le sens des choses.
Traiter cette matière de jeu pour qu’elle soit au service de la fiction, des idées, des désirs, de l’histoire qui se raconte, pour ne pas en rester à l’état d’idée.
Décrire la sensation du moment, et ouvrir le sens, dire ce que l’on ne sait pas encore, c’est-à-dire ce qui se découvre dans l’instant du jeu. Donner à voir et / ou à entendre ce que ça convoque en termes d’images, de pensées, de sensations nouvelles, de souvenir.
Être dans l’inattendu, c’est-à-dire sortir du convenu et jouer du pied de la lettre, de l’empêtrement, de la récurrence, de la redondance, etc.
Différencier le joueur et la créature et faire jouer clairement la différenciation dans l’écriture au plateau.
Concevoir un costume et un maquillage. (maquillage, si le temps le permet)

Technique corporelle et du mouvement scénique

Travailler à l’usage de soi, reconnaître et prendre conscience des usages habituels, explorer d’autres possibilités fonctionnelles et fréquenter la verticalité au sens squelettique du terme ainsi que les déséquilibres possibles, et mettre ces explorations au service du jeu et de l’écriture au plateau.
Intégrer et jouer d’une corporalité qui répond aux besoins de la créature clownesque ainsi que de l’écriture au plateau, c’est à dire par exemple une marche non habituelle, investie, habitée du désir, de l’intention, de l’émotion.

Technique d’improvisation

Se préparer mentalement et physiquement et décider d’objectifs de travail ainsi que d’un projet d’écriture (que confier à sa créature clownesque ?) et les mettre en œuvre dans le processus d’écriture au plateau.
Développer la capacité d’observer les choses telles qu’elles sont, telles qu’elles se présentent et les mettre en question à l’aide d’outils (l’étirement ou le prolongement, la répétition ou la récurrence, le suspens, la distribution du regard, l’empêtrement, le décalage, l’aveu, etc.) en sorte que cela serve à modeler l’écriture au plateau, l’histoire qui se raconte.
Questionner la matière gestuelle, sonore, verbale : 1 – Qu’est-ce que j’ai vu, entendu ? 2 – Qu’est-ce que ça me fait vivre ? Qu’est-ce que ça me raconte ? 3 – Quelles sont les possibilités qui font sens pour la suite ? Quels désirs d’action ?
Distinguer les trois temps de la construction : je propose, je confirme, je vais au bout ou j’altère.
Partir du presque rien, de ce qui est là, sans vouloir quoi que ce soit et savoir définir le sujet à partir de ce qui se présente.
Jouer avec des règles du jeu (notamment « un temps avant d’agir », « quand quelque chose attire l’attention, le regarder avec tout le visage », « quand quelque chose échappe, feindre d’en être l’instigateur ») en vue de développer une présence qui prend en compte l’environnement dont font partie le ou la partenaire, le public, mais aussi toutes choses visible et/ou audible, et donner à voir les effets de cette présence dans l’écriture au plateau.

De nombreux passages sont extraits des écrits de Vincent Rouche. Vous pouvez les retrouver sur le site de la compagnie du moment. Compagnie avec laquelle je me suis formée et avec laquelle je travaille.


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